Le Pouvoir des Sans-Pouvoir ( MACHT DER MACHTLOSEN)
Artistes
- Alaa Awad
- Maja Bajević
- Christoph Faulhaber
- IRWIN
- Teresa Margolles
- Metahaven
- Rabih Mroué
- Bettina Pousttchi
- Urban-Think Tank
- Silke Wagner
Commissaires
- Johan Holten
- Ksenija Čočkova
- Jakob Ráček
Assistance curatoriale
- Elena Korowin
- Susanne Petersen
Publication
Le catalogue accompagnant l’exposition est paru en 2013 aux éditions de la Librairie Walther König.
Remerciements
L’exposition est sous le haut patronage du Parlement européen.
Peut l’art créer des images pour des parties moins visibles, voire totalement invisibles de la population ? Peut-il leur donner une voix, une image, et faire émerger des espaces d’action ? Peut l’art donc donner du pouvoir aux sans-pouvoir ? Ces questions sont au cœur de LE POUVOIR DES SANS-POUVOIR à la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden.
La fuite et la déportation à Ciudad Juárez (Mexique) sont les thèmes du travail de Teresa Margolles. Les fresques murales d’Alaa Awad constituent sa forme de protestation dans le cadre du Printemps arabe. Le travail de Rabih Mroué, basé sur des images de téléphones portables de civils en Syrie publiées sur le réseau, décrit cette forme particulière de documentation des combats comme un potentiel révolutionnaire.
Les œuvres sont ancrées localement grâce au projet de voisinage Prinzessinnengarten, originaire de Berlin. Ce projet d’urbanisme participatif est intégré pour la première fois dans un contexte muséal et joue un rôle majeur à Baden-Baden dans la réaménagement du café de la Kunsthalle.
Artistes participants : Alaa Awad, Maja Bajević, Christoph Faulhaber, IRWIN, Teresa Margolles, Metahaven, Rabih Mroué, Bettina Pousttchi, Urban-Think Tank, Silke Wagner. Réaménagement du Café Kunsthalle : Prinzessinnengarten.
"Innerhalb eines institutionellen Rahmens soll ein Raum zur Verhandlung gesellschaftlicher Teilhabe, zur Inklusion und Sichtbarmachung unsichtbarer Akteure entstehen. Der institutionelle Rahmen schafft dabei einen Freiraum, der geradezu eine Verpflichtung darstellt, Fragen zu stellen, die an anderen Orten unserer Gesellschaft unzureichend erörtert werden. Gleichzeitig kommen aber auch Exklusionsmechanismen zum Tragen, wird eine unsichtbare Mauer errichtet, die manche glauben, mit Schlagstöcken und Tränengas gegen »Eindringlinge« verteidigen zu müssen. Diese Mauer zu überwinden, ist ein schwieriges Vorhaben, zumal die Institution Kunsthalle ja selbst eine Art Machtinstrument ist. Ob es mit dieser Ausstellung gelingt? (...)"
"Dans le cadre institutionnel, un espace doit être créé pour débattre de la participation sociale, de l’inclusion et de la visibilité des acteurs invisibles. Ce cadre institutionnel offre un espace de liberté qui représente une obligation de poser des questions qui, ailleurs dans notre société, sont insuffisamment abordées. Pourtant, des mécanismes d’exclusion entrent également en jeu : une mur invisible est érigée, que certains croient devoir défendre avec des matraques et des gaz lacrymogènes contre les « intrus ». Franchir ce mur est un défi difficile, d’autant plus que l’institution Kunsthalle est elle-même un instrument de pouvoir. Cette exposition parviendra-t-elle à y parvenir ? (...)"
"Innerhalb eines institutionellen Rahmens soll ein Raum zur Verhandlung gesellschaftlicher Teilhabe, zur Inklusion und Sichtbarmachung unsichtbarer Akteure entstehen. Der institutionelle Rahmen schafft dabei einen Freiraum, der geradezu eine Verpflichtung darstellt, Fragen zu stellen, die an anderen Orten unserer Gesellschaft unzureichend erörtert werden. Gleichzeitig kommen aber auch Exklusionsmechanismen zum Tragen, wird eine unsichtbare Mauer errichtet, die manche glauben, mit Schlagstöcken und Tränengas gegen »Eindringlinge« verteidigen zu müssen. Diese Mauer zu überwinden, ist ein schwieriges Vorhaben, zumal die Institution Kunsthalle ja selbst eine Art Machtinstrument ist. Ob es mit dieser Ausstellung gelingt? (...)"
Cette exposition actuelle vise à montrer à quel point l’art peut aujourd’hui déclencher des débats sociétaux. On observe que les artistes se détournent de plus en plus de la société civile nationale pour se concentrer sur les foyers de crise mondiaux. Les œuvres de cette exposition reflètent donc des sociétés en mutation. Les conflits politiques entre camps de droite et de gauche ne sont plus toujours au centre de l’intérêt artistique. Les artistes cherchent plutôt à créer des images et des symboles pour des groupes sociaux non représentés par aucun des deux camps. Il s’agit d’inclusion et d’exclusion, de la visibilité de la répression ou de la révolte contre celle-ci. Il s’agit du « Pouvoir des sans-pouvoir », comme l’a décrit l’écrivain tchèque, dissident et futur président Václav Havel.
En 1978, il décrivait l’état d’une société civile faible mais néanmoins significative sous la dictature communiste de son pays. Cette société civile avait été si réprimée par les institutions de l’État qu’on pouvait la considérer comme inexistante, comme sans pouvoir. Pourtant, ces citoyens, pour qui d’autres valeurs prévalaient, possédaient, dans leur impuissance, une forme de pouvoir propre, qui ne se manifesterait pas immédiatement, mais avec le temps. La description de Havel correspond de manière frappante aux enjeux des conflits politiques du XXIe siècle.
*Johan Holten, Extrait de la préface du catalogue de l’exposition





























